CAROLINE TRESCA
Tête, en masque
type:
- sculpture
"Toutes ces pièces en terre ou en plâtre forment une série - Les silencieux. Elles représentent un travail préparatoire et ont vocation à devenir des bronzes. La terre ou le plâtre sont des passages indispensables, évidemment. Mais le bronze, lui, permet de sublimer la matière en redonnant vie aux personnages créés." C. T.
CAROLINE TRESCA
En tête à tête.
Dévoiler avec pudeur l’intérieur de sa maison humaine, s’extraire des rumeurs, entrer en silence, s’oublier, écouter, s’abandonner un instant à l’indicible sensation de sa présence au monde. Nourrir cette intimité, fermer les yeux pour mieux voir la diversité des formes et servir l’essentiel. Puis méditer, s’enrichir de la rencontre et veiller sur ces visages pour découvrir leur raison d’être, l’objet de leur venue puisque toutes ces têtes, indo-européennes et asiates, africaines ou amérindiennes viennent d’un ailleurs sans bruit, comme une source chaude prête au partage.
Ils figurent une ambassade aux paupières baissées, l’empreinte d’un peuple de silencieux, humbles messagers discrets jusqu’à l’oubli. Et s’ils dorment dans leur sourire, aucun d’eux n’est figé, au contraire, ils portent les stigmates de la vie, l’expression d’une épreuve faite de heurts et de tendresse. Ils occupent un espace. Dans un bain de silence, sans cri, cette compagnie semble sonder au plus près sa conscience. Cela vaut pour tous. À n’en pas douter, chacun paraît y faire l’expérience de la pesée de son âme.
Peut-être pourrait-on se rassurer au prétexte qu’un effet de groupe est toujours plus troublant ou éloquent, mais, en réalité, même prise individuellement, chaque sculpture installe une connivence tacite et propose l’intimité d’un dialogue privé.
De la nostalgie ! Oui, bien sûr, et de la mélancolie également, mais pas uniquement. Chaque sculpture atteste de son humanité et révèle la nôtre. Chaque œuvre témoigne d’une mémoire et renvoie à la nôtre. C’est un jeu de miroir où se dévoilent nos faces cachées. Il y a de l’introspection dans l’engagement de ce dialogue, l’acceptation d’un éclairage mesuré sur un monde intérieur, ses fêlures apprivoisées ou non, refoulées, niées peut-être. C’est un monde de secrets contenus, tourné vers les pensées, un monde de personnages fixés sur un souvenir. C’est une sensualité qui se rature, se patine, s’efface, se modifie. Un manège de visages que l’on superpose à soi-même, une mise en lumière de nos sédiments. C’est une manière d’organiser le dévoilement, de conduire la confidence et, finalement, de maîtriser la révélation.
EXPOSITIONS PERSONNELLES
- Exposition permanente à la Galerie Martine Moisan, Passage Vivienne à Paris, depuis 1993
- Espace Jean Marais, avenue des Martyrs de la Résistance à Vallauris Golfe-Juan, en 2005
- Carré des Coignards, Grande Rue Charles-de-Gaulle à Nogent-sur-Marne, en 2005
- Galerie Michèle Marrot, rue Bouquières à Toulouse, en 2006
- Galerie Arcourt, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, en 2008
EXPOSITIONS COLLECTIVES
En France et à l'étranger (Bruxelles, Londres)
